2024
Ouverture de notre Gan Yeladim

Nous avons le plaisir de vous annoncer l’ouverture d’une classe GAN YELADIM (jardin d’enfants) pour les 4 à 7 ans.
Ella en sera la responsable et l’éducatrice.
Au programme, chants, travaux manuels, dessins, apprentissage de l’hébreu, initiation au judaïsme et quelques danses.
Nous débutons le dimanche 17 novembre à 10 heures.
La durée du cours sera de 1h30.
Un adulte responsable (parents, grands-parents ou tout autre majeur agréé par les parents) devra être présent pendant la durée du cours.
Cette activité, réservée aux membres de l’ULIF, est gratuite.
Inscription obligatoire pour participer.
Pour tout renseignements supplémentaires et pour vous inscrire :
Tél 07 67 05 87 66
Mail : contact@ulifmarseille.org

2023
Edito – Israël pleure
Chers Amis,
Israël pleure.
Israël vient de subir la pire attaque terroriste de son histoire, et le peuple juif en entier est horrifié comme la grande majorité de nos concitoyens et des habitants du monde occidental et civilisé.
A ce jour, nous déplorons la mort de près de 1200 israéliens, 2800 blessés et plus de 100 otages.
Les récits, les images démontrent la barbarie horrible qui a eu lieu ce samedi 7 et ce dimanche 8 octobre.
Des femmes violées puis exhibées comme des trophées, des vieilles dames enlevées, des enfants donnés comme des jouets à des petits gazaouis en leur disant qu’ils pouvaient faire ce qu’ils voulaient “du Juif”. Des villages et des kibboutzim attaqués, des familles massacrées, des nourrissons décapités par dizaines.
La communauté internationale soutient dans son ensemble Israël et condamne ces actes de barbarie.
En France également, mise à part les parties d’extrême-gauche, ce qui n’est pas étonnant compte tenu de leur idéologie anti sioniste qui masque à peine un antisémitisme bien présent depuis de nombreuses années.
Attendons nous à des heures sombres en France. Pour le moment les média compatissent mais dès que TSAHAL entrera dans Gaza avec ses tanks, Israël redeviendra l’agresseur.
Le discours des LFI ou autres NPA est déjà écrit et leur plan média déjà préparé avec tous les journaux, Libération, Le Monde, Médiapart et autres médias du service public.
Israël gagnera cette guerre, mais à quel prix ?
Le traumatisme de la guerre de Kippour avec ses 2600 soldats morts était réel en Israël.
Le traumatisme qu’apporte cette guerre d’aujourd’hui, qui n’a pas encore de nom, sera très certainement bien plus grand encore.
Les victimes, les otages, les actes de barbaries, les futurs morts des soldats et même les risques d’attentats en diaspora marqueront pour toujours l’histoire d’Israël.
Tout n’est pas noir :
Il nous reste notre « indicible espoir »
Il nous reste notre admiration devant le courage de nos sœurs et frères en Israël qui se battent et qui montrent une solidarité sans faille.
Il nous reste la conviction que nous sommes et resterons dans la justice et la recherche de la paix.
Am Israël Haï !
Laurent
2023
Sortie du CD “Une âme juive à Paris” du Rabbin Gabriel Farhi
En l’honneur de la sortie du CD “Une âme juive à Paris” le rabbin Gabriel Farhi était l’invité de Lise Gutmann à Radio J.
Le CD est disponible à l’ULIF Marseille : 
2023
Verdict du procès de l’attentat de la rue Copernic !

Tsedek Tsedek Tirdof, justice, justice, tu rechercheras, comme nous l’enjoint la Bible.
(Deutéronome 18:20)
Depuis des dizaines d’années, nous nous sommes battus sans relâche avec Maître Cahen aux côtés des familles des victimes et d’une fidèle de la synagogue pour que le coupable soit identifié et jugé. Notre conviction avait été faite depuis longtemps sur le rôle d’Hassan Diab. Il a fallu notre acharnement, celui des familles endeuillées, celui du ministère public, pour que celui-ci soit finalement renvoyé devant les assises, après avoir été relâché une première fois par la Justice.
Aujourd’hui, au terme de journées éprouvantes où de nombreuses autres parties civiles qui se trouvaient dans la synagogue le 3 octobre 1980 s’étaient également constituées pour dire l’horreur qu’elles avaient vécue et faire reconnaître le traumatisme qui est le leur, justice a été rendue. Hassan Diab a été condamné par la cour d’assises spéciale à la réclusion criminelle à perpétuité avec mandat d’arrêt, pour assassinats et appartenance à un groupe terroriste (le FPLP).
Nos pensées et notre affection vont aux victimes de cet odieux attentat et à leurs familles: Jean-Michel Barbé, Philippe Bouissou, Hilario Lopez Fernandez, Aliza Shagrir, à toutes les parties civiles présentes dans la synagogue ce soir-là et dont la plaie ne s’était jamais refermée, à tous ceux qui assistaient à l’office, à tous nos voisins et amis.
Que la mémoire des disparus soit bénie.
Jean-François Bensahel
Co-président de Judaïsme En Mouvement
Paris, le 21 avril 2023
2022
Elie Wiesel chante Ani Ma’amin
Lors de la très belle soirée en hommage à Elie Wiesel « Survivre et vivre » organisée le mardi 15 novembre dernier, par l’Association HAC- Cercle d’étude Elie Wiesel Marseille, le CRIF Marseille Provence et la Région Sud, à laquelle j’ai eu le privilège d’assister, une vidéo a été projetée.
On pouvait y voir et entendre Elie Wiesel chanter un chant en hébreu, avec conviction, provoquant une émotion bouleversante.
L’histoire de ce chant est autant dramatique qu’émouvante.
« Ani ma’amin » (Je crois…) est un chant basé sur les « Treize principes de la foi » de Moïse Maïmonide. La récitation de sa version poétique, Yigdal, se fait souvent à la fin des prières du matin ou le vendredi soir (à la page 45 de notre siddour de l’ULIF).
La version originale consiste en treize lignes commençant toutes par « Ani ma’amin be-emunah shelemah » (Je crois d’une foi parfaite). Les deux dernières lignes se réfèrent à la croyance dans la venue du messie et la résurrection des morts, et a inspiré de nombreux chants et mélodies.
Voici la traduction de ce chant Ani Ma’amin :
« Je crois
Je crois de toute ma foi.
A la venue du Messie, je crois, je crois, je crois, je crois.
Et bien qu’il tarde.
Cependant je l’attendrai.
Et bien qu’il tarde.
Cependant je l’attendrai.
Cependant, cependant, je l’attendrai.
J’attendrai chaque jour qu’il vienne.
Cependant, cependant, je l’attendrai.
J’attendrai chaque jour qu’il vienne.
Je crois ».
La version que chante Elie Wiesel dans cette vidéo, est celle composée par Azriel David Fastag, Rabbi hassidique de Pologne. Il l’avait composée en 1942 dans le train de la mort qui le déportait vers Treblinka. Un des homme présent dans le même wagon s’étant évadé a pu transmettre la mélodie. Plusieurs théories circulent sur cette transmission, on raconte qu’elle a été donnée au Rabbi Shaul Yedidya de Modzitz à New-York. Après l’avoir entendue chanter devant lui, le rabbi , dit : « Quand ils chantaient Ani Ma’amin dans le train de la mort, les fondations du monde tremblaient. Le Tout-Puissant a alors dit : “Chaque fois que les Juifs chanteront Ani Ma’amin, Je me rappellerai des six millions de victimes et J’aurai pitié du reste de Mon peuple.” ». Une autre version raconte que l’évadé a pu chanter la mélodie à Ben Zion Shenker après la guerre, qui l’a retranscrite et popularisée.
Cette version de Ani Ma’amin a été chantée dans les camps d’extermination, aux portes des chambres à gaz.
Laurent Hajdenberg – ULIF Marseille – novembre 2022
2022
Mais quelle est l’origine véritable du caducée?
Mais quelle est l’origine véritable du caducée?
par Caroline Elishéva REBOUH
Les véhicules des médecins sont ornés d’un autocollant sur lequel se trouve un caducée et, sur les devantures et enseignes de pharmacies est, également, exhibé un caducée. Quelle est la signification de cet emblème et quelle est son origine véritable ?
Le terme caducée vient du latin (caduceus) ayant emprunté et déformé le mot kerukelon signifiant bâton en grec ancien.
Ce symbole représente deux serpents entrelacés autour d’une tige/bâton. Au XIXème siècle, cet emblème fut attribué au dieu romain Mercure ou Hermès pour la mythologie grecque.
Quel lien peut-il y avoir entre le serpent et la guérison ? Pour le savoir, je vous invite à faire un saut dans la parashat Houkat (Nombres/Bamidbar chapitre XIX, 1 à chapitre XXII, 2).
Au chapitre XXI, du verset 6 au verset 9, le texte nous inculque qu’une fois de plus, le peuple maugréa et se rebella contre Moïse et contre l’Éternel. Des serpents brûlants surgirent, suscités par HaShem, pour mordre/piquer les pécheurs. HaShem indique à Moïse comment conjurer cette plaie : faire un serpent d’airain et le brandir sur une lance : toute personne regardant cette effigie est instantanément guérie !
C’est un grand bâton en bois que portait le prophète Moïse selon la Torah, et qui lui permit de réaliser de nombreux prodiges: il s’en servit pour ouvrir les flots, faire tomber la grêle, transformer l’eau du Nil en sang, transformer la poussière du sol en moustiques ou faire jaillir de l’eau du rocher d’Horeb, et le transforma en serpent puis le retransforma en bâton.
Le serpent, depuis la faute originelle, est le symbole de la médisance et du persiflage et de l’hérétisme. Dans cet extrait, le serpent apparaît à la fois comme plaie sous sa forme vivante et, en étant « stylisé » en airain, il devient remède : les Enfants d’Israël qui ont déjà été piqués ou mordus par les serpents n’ont qu’à élever leur regard vers le serpent d’airain pour être tout aussitôt guéris !…
De là à saisir le symbole du serpent sur son bâton comme symbole de guérison il n’y a qu’un pas..
Etudier la Bible/ la Torah semble « ringard » pour certains avides de laïcité et prêts à ignorer l’origine du monde et des civilisations.

2022
Visite du Mémorial des Déportations- dimanche 8 mai
Le dimanche 8mai à 10 heures, nous avons réservé le musée : “Mémorial des Déportations” pour une visite avec notre Erev Rav Sophie Bismut.
Nous avions déjà réalisé cette visite le dimanche 6 mars dernier, avec les enfants du talmud torah et leurs familles.
Suite à l’excellent accueil que nous avions reçu et surtout à la qualité de ce lieu mémoriel sur la Shoah, nous organisons de nouveau une visite.
Contactez-nous si vous souhaitez vous joindre à nous et profitez de cette opportunité.
Cette activité est gratuite
Voici le lien du site internet de ce mémorial : https://musees.marseille.fr/presentation-du-memorial-des-deportations?museum=memorial-des-deportations
Laurent Dembert
2022
Serge Hajdenberg
Il y a un an, le 5 mars 2021, mon cousin Serge Hajdenberg disparaissait.
Pour commémorer sa mémoire, je publie de nouveau l’article que j’avais écrit l’année dernière :
Le 17 juin 1981, Radio J, la première radio juive de France, a commencé à émettre sur les ondes FM. J’avais programmé de faire un article commémoratif en juin prochain, afin d’en célébrer le 40ème anniversaire, Malheureusement le décès de son fondateur : Serge Hajdenberg, vendredi dernier, le 5 mars, me fait faire un article aujourd’hui pour lui rendre hommage.
En préparant cet article, je me suis rendu compte que je pouvais pas dissocier les actions de Serge et celles de son jeune frère Henri, tant elles sont liées.
La famille Hajdenberg est originaire de Varsovie, elle immigre en France dans les années trente afin de fuir les pogroms, comme tant d’autres familles juives ashkénazes ! Serge est né en 1941 et Henri en 1947.
Très tôt les deux frères militent dans diverses associations.
Dans les années 60 Serge rejoint la LICA (ex- LICRA) et crée «les jeunes de la LICA», il lutte également avec Serge et Beate Klarsfeld pour que les crimes nazis ne soient jamais pardonnés et que la Shoah ne soit jamais oubliée (ce qui lui valut un séjour dans les prisons allemandes au début des années 70).
Il est également à l’origine du premier comité d’aide aux juifs d’URSS.
De son côté Henri alors étudiant en droit créé le CJA (Comité Juif d’Action) en 1973 afin de s’opposer aux groupes pro-palestiniens et aux gauchistes qui militaient contre Israël dans les universités (comme quoi l’islamo-gauchisme ce n’est pas nouveau!).
Ensemble, Serge et Henri, au sein du CJA et sous l’égide du FSJU, organisent le 30 mai 1976 les «12 heures pour Israël» dans le parc des expositions de la porte de Versailles à Paris.
Ceux (dont je fais partie) qui ont eu la chance d’y participer se souviennent avec plaisir de l’incroyable succès de cet évènement, plus de 100 000 visiteurs, en provenance de Paris et de toute la France, sont venus soutenir Israël ce dimanche de printemps. Pendant toute une journée, manifestations politiques (débats, discours, signatures de pétitions), et aussi culturelles et de loisirs (littérature, gastronomie, musique, animations pour enfants etc .) se succèdent en solidarité avec l’État Juif.
Dans ces années la politique anti-israélienne (voir même anti-sémite) du gouvernement Giscard est démontrée chaque jour :
En 1975 la France vend une centrale nucléaire à l’Irak
En 1976, suite au sauvetage par TSAHAL des otages d’Entebbé, suite au détournement de l’avion d’Air France par des terroristes arabes et d’extrême gauche (oups de nouveau cet islamo-gauchisme qui sévit depuis plus de 50 ans mais que certains ne veulent toujours pas voir!), le secrétaire d’Etat auprès du ministère des affaires étrangères Jean François Poncet, déclare: « Israël a violé la souveraineté du territoire ougandais. Il n’avait pas le droit. » Une déclaration stupéfiante qui dépasse l’entendement. Giscard félicitera même Amin Dada pour la libération des otage (sic!) peut-être faisait-il allusion au meurtre de Madame Dora Bloch le lendemain de la libération des otages, dans un hôpital ougandais par les sbires de ce même Amin Dada ?
En 1972 le groupe terroriste septembre noir assassine onze athlètes israéliens aux jeux olympiques de Munich, son leader abou daoud est arrêté en janvier 1977 à Paris. La République fédérale d’Allemagne et Israël attendent de la France qu’elle l’extrade afin de le juger. Après plusieurs jours d’hésitations, la France décide finalement de l’expulser pour . . . Alger ! ! !
Pour Henri cela est insupportable, il milite avec son groupe CJA lors des élections municipales de juillet 1977 afin que Jacques Dominati (du même parti que Giscard d’Estaing) perde les élections dans le secteur des 2ème et 3ème arrondissements de Paris, où réside une importante communauté juive. Des tracts sont distribués rappelant la libération d’abou daoud ainsi que l’ouverture d’un bureau de l’olp à Paris, ce tract se conclut par la sentence : «les Juifs ne voteront pas pour Dominati».
Dominati perd ces élections, le candidat socialiste Georges Dayan est élu.
Par cet action militante, c’est la première fois qu’au nom d’un «vote juif» un homme politique d’envergure nationale est battu.
Pour poursuivre son action, en 1979 Henri Hajdenberg (maintenant avocat) change le CJA qui devient le «Renouveau Juif», mouvement qu’il conduit avec son frère Serge.
A mon avis, le paroxysme de cette politique arrive le soir de l’attentat contre la synagogue de la rue Copernic, le 3 octobre 1980, Giscard se contente d’envoyer un télégramme de condoléances à Jacob Kaplan, Grand Rabbin de France, et poursuit son week-end dans sa résidence. Quant à raymond barre, Premier ministre, déclare sur les lieux même de l’attentat : «Cet attentat odieux a voulu frapper les israélites qui se rendaient à la synagogue, il a frappé des Français innocents qui traversaient la rue Copernic»
Donc pour le chef du gouvernement de l’époque, raymond barre, les juifs visés par l’attentat n’étaient ni français, ni innocents . . .
On comprend mieux le militantisme d’Henri Hajdenberg lors des élections présidentielles de mai 1981 appelant à «un vote sanction» contre giscard d’estaing.
Le 17 juin 1981, Radio J, qui a été fondé par des militants du Renouveau Juif, commence à émettre à 22 heures.Serge est l’un des animateurs et son président, les autres animateurs sont Suzy Hajdenberg, Jean-Michel et Yves Sokol, Guy Rozanowicz, Jacqueline Frydman ex Klugman.
A chaque fois que je passe rue des Rosiers, je me souviens de ma première visite dans leurs locaux, sous les combles du Hammam, que Serge m’avait fait visité, c’est le 3ème local (après la rue Borrégo et la rue du faubourg St Denis) que Radio J a occupé à ses débuts.
L’engagement des deux frères ne s’est jamais estompé, Henri a même été élu à la présidence du CRIF en 1995, et réélu en 1998 jusqu’en 2001.
Jusqu’à aujourd’hui, Serge a continué à faire une chronique hebdomadaire sur Radio J dont il était devenu Président d’Honneur.
En juillet 2018, Serge a été fait Chevalier de la Légion d’Honneur, il a reçu sa médaille de son ami Serge Klarsfeld.
Serge avait la double nationalité française et israélienne, il prévoyait de faire son Alya depuis longtemps mais sa longue maladie et la covid l’en empêchaient, malgré ces problèmes sa «montée» en Israël était prévue cette semaine. C’est peut-être le seul projet que le «Lion» comme le surnommait affectueusement ses amis, n’a pu mener à son terme.
Serge a été inhumé jeudi 11 mars à Tel Aviv dans le cimetière Yarkon.
Je présente mes condoléances à sa femme Suzy, ses filles Noémie, Yaël, Judith et Déborah, ainsi qu’à ses 16 petits-enfants et ses deux arrières petites-filles.
Repose en paix Serge,
Adieu mon Cousin.
Laurent Hajdenberg – ULIF Marseille – mars 2021

2022
Visite du Mémorial des Déportations
Nous avons le devoir d’enseigner et transmettre notre histoire à nos enfants
Le dimanche 6 mars à 10 heures, nous avons réservé le musée : “Mémorial des Déportations” pour une visite avec les enfants du Talmud Torah et leurs parents.
Cette visite est ouverte, dans la limite des places disponibles aux enfants, même non-inscrit à notre Talmud Torah
Contactez-nous si vous souhaitez vous joindre à cette visite.
Cette activité est gratuite
Voici le lien du site internet de ce mémorial : https://musees.marseille.fr/presentation-du-memorial-des-deportations?museum=memorial-des-deportations
Laurent Dembert
2022
Stefan Zweig
22 février 1942 : 𝗜𝗹 𝘆 𝗮 𝟴𝟬 𝗱𝗶𝘀𝗽𝗮𝗿𝗮𝗶𝘀𝘀𝗮𝗶𝘁 𝗹’𝗲́𝗰𝗿𝗶𝘃𝗮𝗶𝗻 𝗷𝘂𝗶𝗳 𝗮𝘂𝘁𝗿𝗶𝗰𝗵𝗶𝗲𝗻 𝗦𝘁𝗲𝗳𝗮𝗻 𝗭𝘄𝗲𝗶𝗴.
Né en 1881 à Vienne, en Autriche, au sein d’une famille juive aisée d’origine morave, Stefan Zweig fut un écrivain majeur des années 1920-1930.
Et si la religion ne joua qu’un rôle mineur dans son éducation, il écrivit de façon récurrente sur des thématiques juives, tout en entretenant une étroite relation avec son contemporain, Théodore Herzl, connu comme « le père du Sionisme moderne ».
En 1934, au lendemain de la montée d’Hitler au pouvoir en Allemagne et après plusieurs vexations en lien avec ses origines juives, Stefan Zweig décide de quitter l’Autriche pour l’Angleterre, avant de rejoindre en 1940 les Etats-Unis, où sa condition germanique lui est reprochée. Il y effectue un court séjour, avant de finalement s’installer à Petrópolis, une colonie allemande sise dans la banlieue de Rio, au Brésil.
Démoralisés par la situation en Europe, lui et sa seconde épouse, Lotte, s’y suicident le 22 février 1942.
Dans son livre testament, « Le Monde d’hier. Souvenirs d’un Européen » (publ. posth.), Stefan Zweig se fait le chroniqueur de l’« âge d’or » de son continent d’origine, et analyse ce qu’il considère comme l’échec d’une civilisation brillante :
« 𝑁𝑒́ 𝑒𝑛 1881 𝑑𝑎𝑛𝑠 𝑢𝑛 𝑔𝑟𝑎𝑛𝑑 𝑒𝑡 𝑝𝑢𝑖𝑠𝑠𝑎𝑛𝑡 𝑒𝑚𝑝𝑖𝑟𝑒 […], 𝑖𝑙 𝑚’𝑎 𝑓𝑎𝑙𝑙𝑢 𝑙𝑒 𝑞𝑢𝑖𝑡𝑡𝑒𝑟 𝑐𝑜𝑚𝑚𝑒 𝑢𝑛 𝑐𝑟𝑖𝑚𝑖𝑛𝑒𝑙. 𝑀𝑜𝑛 œ𝑢𝑣𝑟𝑒 𝑙𝑖𝑡𝑡𝑒́𝑟𝑎𝑖𝑟𝑒, 𝑑𝑎𝑛𝑠 𝑠𝑎 𝑙𝑎𝑛𝑔𝑢𝑒 𝑜𝑟𝑖𝑔𝑖𝑛𝑎𝑙𝑒, 𝑎 𝑒́𝑡𝑒́ 𝑟𝑒́𝑑𝑢𝑖𝑡𝑒 𝑒𝑛 𝑐𝑒𝑛𝑑𝑟𝑒𝑠 [allusion aux autodafés organisés par les nazis à Berlin en 1933]. 𝐸́𝑡𝑟𝑎𝑛𝑔𝑒𝑟 𝑝𝑎𝑟𝑡𝑜𝑢𝑡, 𝑙’𝐸𝑢𝑟𝑜𝑝𝑒 𝑒𝑠𝑡 𝑝𝑒𝑟𝑑𝑢𝑒 𝑝𝑜𝑢𝑟 𝑚𝑜𝑖… 𝐽’𝑎𝑖 𝑒́𝑡𝑒́ 𝑙𝑒 𝑡𝑒́𝑚𝑜𝑖𝑛 𝑑𝑒 𝑙𝑎 𝑝𝑙𝑢𝑠 𝑒𝑓𝑓𝑟𝑜𝑦𝑎𝑏𝑙𝑒 𝑑𝑒́𝑓𝑎𝑖𝑡𝑒 𝑑𝑒 𝑙𝑎 𝑟𝑎𝑖𝑠𝑜𝑛 […]. 𝐶𝑒𝑡𝑡𝑒 𝑝𝑒𝑠𝑡𝑖𝑙𝑒𝑛𝑐𝑒 𝑑𝑒𝑠 𝑝𝑒𝑠𝑡𝑖𝑙𝑒𝑛𝑐𝑒𝑠, 𝑙𝑒 𝑛𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛𝑎𝑙𝑖𝑠𝑚𝑒, 𝑎 𝑒𝑚𝑝𝑜𝑖𝑠𝑜𝑛𝑛𝑒́ 𝑙𝑎 𝑓𝑙𝑒𝑢𝑟 𝑑𝑒 𝑛𝑜𝑡𝑟𝑒 𝑐𝑢𝑙𝑡𝑢𝑟𝑒 𝑒𝑢𝑟𝑜𝑝𝑒́𝑒𝑛𝑛𝑒 »
#Anecdote : son œuvre la plus célèbre, « Le Joueur d’échecs », a été écrite peu avant la mort de son auteur et publiée à titre posthume.
Dans sa vie, Stefan Zweig aura écrit quarante-trois récits ou nouvelles et deux romans, dont l’un est resté inachevé.







Lettre d’adieu de Stefan Zweig, Petrópolis, 22 février 1942, datée du jour du suicide de l’écrivain.
« Avant de quitter la vie de ma propre volonté et avec ma lucidité, j’éprouve le besoin de remplir un dernier devoir : adresser de profonds remerciements au Brésil, ce merveilleux pays qui m’a procuré, ainsi qu’à mon travail, un repos si amical et si hospitalier. De jour en jour, j’ai appris à l’aimer davantage et nulle part ailleurs je n’aurais préféré édifier une nouvelle existence, maintenant que le monde de mon langage a disparu pour moi et que ma patrie spirituelle, l’Europe, s’est détruite elle-même.
Mais à soixante ans passés il faudrait avoir des forces particulières pour recommencer sa vie de fond en comble. Et les miennes sont épuisées par les longues années d’errance. Aussi, je pense qu’il vaut mieux mettre fin à temps, et la tête haute, à une existence où le travail intellectuel a toujours été la joie la plus pure et la liberté individuelle le bien suprême de ce monde.
Je salue tous mes amis. Puissent-ils voir encore l’aurore après la longue nuit ! Moi je suis trop impatient, je pars avant eux » (trad. Laurence Baïdemir)
Article du très bon site Patrimoine et culture du Judaïsme – The Jewish heritage site, par Emmanuel Attyasse.
Laurent Hajdenberg – ULIF Marseille – février 2022