‘Hanouka 5786 : l’edito du rabbin Sophie Bismut

Dimanche 14 Décembre au soir commencera la fête de ‘Hanouka. À travers le monde, les Juifs allumeront une première bougie au premier soir de la fête. Puis le lendemain soir, deux bougies, puis trois, et ainsi de suite jusqu’au huitième soir. Cet usage bien connu n’est cependant pas le seul possible.

Le Talmud relate en effet un débat entre Hillel et Shammaï sur la manière dont il convient d’allumer les bougies de ‘Hanouka :

Beit Shammai dit : Le premier jour, huit lumières sont allumées, puis leur nombre est progressivement réduit. Beit Hillel dit : Le premier jour, une seule lumière est allumée, puis leur nombre est progressivement augmenté. [TB Shabbat 21b]

Comme bien souvent, nous suivons l’enseignement de Hillel. La raison donnée par les Sages est que “nous nous élevons en sainteté et nous ne descendons pas”. La ‘hanoukia devient ainsi le symbole de notre capacité à faire naître une lumière et à la faire grandir en nous et autour de nous.

On comprend alors que ‘Hanouka soit aussi appelée ‘Hag haOurim, la fête des Lumières. Pourtant, l’enseignement de Beit Shammaï nous rappelle que l’obscurité en constitue un aspect tout aussi important.

Diminuer le nombre de bougies chaque soir, comme Beit Shammaï le préconise, revient à laisser plus de place à l’obscurité. Ce faisant, au fil des soirs, nous apprenons à nous y habituer, à mieux y voir et à éloigner les peurs qu’elle peut susciter. Cela nous enseigne que, même lorsque nos vies se font de plus en plus sombres, une lumière est possible, aussi fragile soit-elle.

Le miracle de ‘Hanoukka n’est donc pas seulement celui d’une lumière qui est allumée et grandit. C’est aussi celui d’une lumière qui persiste, qui continue de briller envers et contre tout, même dans une obscurité de plus en plus épaisse.

Il n’y a rien de spectaculaire ni de compliqué dans ‘Hanouka, et c’est là toute la beauté de la fête. Il ne s’agit pas de transformer nos maisons en un grandiose spectacle lumineux, ni de faire disparaître l’obscurité. À ‘Hanouka, nous ne faisons qu’allumer des lumières que nous montrons à nos fenêtres, dans la nuit. En les contemplant, nous pourrons nous rappeler que nous pouvons faire surgir des lueurs d’espoir là où il fait nuit.

‘Hanouka saméa’h

Rabbin Sophie Bismut