Tisha Be’Av 5785

Livre des Lamentations
Chapitre 1
- « Hélas ! Comme elle est assise solitaire, la cité naguère si populeuse ! Semblable à une veuve, la puissante parmi les peuples ! la souveraine parmi les nations paie désormais tribut !
- Elle pleure amèrement dans la nuit, les larmes inondent ses joues ; nulle consolation ne vient de tous ceux qui l’aimaient ; tous ses amis l’ont trahie, sont devenus ses ennemis.
- Judah est allé en exil, accablé par la misère et une dure servitude ; il demeure parmi les nations sans y trouver de repos. Ses persécuteurs, tous ensemble, l’ont atteint dans les étroits défilés.
- Les routes de Sion sont en deuil, personne ne se rend à ses solennités ; toutes ses portes sont en ruines ; ses prêtres gémissent, ses vierges sont en proie à la douleur, et elle-même est abreuvée d’amertume.
- Ses adversaires ont pris le dessus, ses ennemis vivent en sécurité, car l’Éternel l’a frappée pour ses nombreuses fautes ; ses jeunes enfants s’en vont captifs, poussés par le vainqueur.
- La fille de Sion a vu partir toute sa splendeur ; ses gouverneurs, tels des cerfs ne trouvant pas de pâturage, s’avancent à bout de forces devant leur persécuteur.
- Aux jours de misère et de souffrance, Jérusalem se souvient de tous les biens qu’elle possédait au temps passé. Quand son peuple est tombé entre les mains du vainqueur et que personne n’est venu la secourir, les ennemis, la voyant, se sont amusés de ses ruines.
- Jérusalem a commis une grande faute ; aussi est-elle devenue un objet de répulsion, et tous ceux qui l’honoraient la bafouent, car ils ont vu sa nudité. Elle-même soupire et détourne la face.
- Sa faute est attachée aux pans de sa robe : elle ne songeait pas à l’avenir ! Aussi, elle est tombée d’une manière prodigieuse, et personne ne la console. Vois, Éternel, ma misère : comme l’ennemi est triomphant !
- Le vainqueur a fait main basse sur tous ses trésors ; elle a vu des peuples pénétrer dans Ton sanctuaire, des peuples que Tu avais défendu d’admettre dans Ton assemblée.
- Tous ses habitants gémissent, demandent du pain : ils échangent leurs biens les plus chers contre des aliments pour ranimer leur vie. « Vois, Éternel, et regarde comme je suis devenue misérable !
- 12 N’est-ce pas à vous que je m’adresse, vous tous qui passez par là ? Regardez et voyez s’il est une douleur comparable à ma douleur à moi, dont l’Éternel m’a affligée au jour de Son ardente colère.
- Des hauteurs Il a lancé sur mes os un feu qui les ravage ; Il a tendu un filet sous mes pas ; Il m’a ramenée violemment en arrière ; Il a fait de moi une ruine, un être souffrant sans trêve.
- Le joug de mes iniquités a été attaché par Ses propres mains ; noués l’un à l’autre, ils pèsent sur mon cou et paralysent mes forces : mon Seigneur m’a livrée entre des mains contre lesquelles je ne puis me défendre.
- Tous mes vaillants combattants, mon Seigneur les a broyés dans mon enceinte ; Il a convoqué une assemblée pour briser mes jeunes guerriers. Le Seigneur a fait jaillir le sang de la vierge, fille de Judah.
- Aussi, je pleure ; mes yeux, mes yeux ruissellent de larmes ; car est loin quiconque pourrait me consoler, relever mon courage. Mes fils sont dans la désolation, car l’ennemi l’a emporté.
- Sion tend les mains : personne ne la console. L’Éternel a convoqué contre Jacob ses ennemis tout autour ; Jérusalem est devenue un objet de dégoût parmi eux.
- Juste est l’Éternel, car j’ai été rebelle à Ses ordres. Écoutez donc, vous tous, peuples, et voyez ma douleur ! Mes vierges et mes jeunes gens sont allés en captivité.
- J’ai appelé ceux qui m’aimaient : ce sont eux qui m’ont trompée ! Mes prêtres et mes anciens ont expiré dans la ville, demandant en vain de la nourriture pour ranimer leur vie.
- Vois, Éternel, quelle est ma détresse : mes entrailles brûlent, mon cœur est bouleversé en mon sein, car profonde a été ma rébellion. Au-dehors sévit le glaive, comme la mort au-dedans.
- On m’entend gémir : personne ne songe à me consoler ; tous mes ennemis, apprenant mon malheur, s’en réjouissent parce que Toi, Tu en es l’auteur. Puisses-Tu amener le jour que Tu as annoncé, pour qu’ils soient comme moi !
- Que toute leur méchanceté apparaisse devant Toi ! Traites les comme Tu m’as traitée à cause de toutes mes iniquités ! Car violents sont mes gémissements, et mon cœur est malade.”
Chapitre 2
- Hélas ! Comme mon Seigneur, dans Sa colère, assombrit la fille de Sion ! Comme Il a précipité, du ciel jusqu’à terre, la gloire d’Israël, sans songer à l’escabeau de Ses pieds au jour de Sa colère !
- Mon Seigneur a bouleversé sans pitié toutes les habitations de Jacob ; Il a démoli, dans Son indignation, les forteresses de la fille de Judah, les rasant jusqu’au sol ; Il a rejeté royauté et dignitaires.
- Il a abattu, dans le feu de Sa colère, toute grandeur en Israël ; Il a fait reculer Sa droite devant l’ennemi, et allumé dans Jacob une sorte de feu flamboyant qui dévore tout à la ronde.
- Il a bandé Son arc comme un ennemi, brandi Sa droite comme un adversaire, et fait périr tous ceux qui étaient un délice pour les yeux ; dans la tente de la fille de Sion Il a déversé, comme un feu, Sa colère.
- Le Seigneur a agi comme un ennemi, Il a bouleversé Israël, Il a bouleversé tous ses palais, détruit ses forteresses ; Il a multiplié chez la fille de Judah plaintes et lamentations.
- II a dévasté son pavillon comme on le fait d’un jardin, ruiné son lieu de rendez-vous ; l’Éternel a fait tomber dans l’oubli fêtes et Chabbat, et, dans Sa furieuse colère, rejeté roi et prêtre.
- Mon Seigneur a délaissé Son autel, dégradé Son Sanctuaire ; Il a livré aux mains de l’ennemi les remparts de Ses citadelles. On a poussé des cris dans la Maison de l’Éternel comme en un jour de fête.
- L’Éternel avait résolu de détruire le mur de la fille de Sion : Il a tendu le cordeau et n’a pas détourné Sa main de l’œuvre de ruine ; Il a mis en deuil murs et remparts : ensemble ils sont dans la désolation.
- Les portes de Sion se sont enfoncées dans le sol ; Il les a détruites et en a fracassé les verrous ; son roi et ses princes vivent au milieu des nations, écartés de la Loi ; ses prophètes non plus n’obtiennent de visions de la part de l’Éternel.
- Ils sont assis à terre, frappés de stupeur, les anciens de la fille de Sion ; ils ont répandu de la poussière sur leur tête, revêtu des cilices ; les vierges de Jérusalem penchent leur front vers le sol.
- Mes yeux se consument dans les larmes, mes entrailles sont brûlantes, mon foie se répand à terre à cause du désastre de la fille de mon peuple, car enfants et nourrissons sont tombés en défaillance sur les places de la cité.
- Ils disaient à leurs mères : « Où trouver du blé et du vin ? » Et ils languissaient comme des blessés à mort dans les rues de la ville, exhalant leur dernier souffle sur le sein de leurs mères.
- Qui te citerai je comme exemple ? À qui te comparerai je, fille de Jérusalem ? Qui mettrai je en parallèle avec toi pour te consoler, vierge, fille de Sion ? Car ton désastre est grand comme la mer : qui pourrait te guérir ?
- Tes prophètes t’ont communiqué des visions trompeuses et stupides, ils n’ont pas révélé tes crimes pour précipiter ta ruine ; ils ont inventé pour toi des oracles de mensonge et d’illusion.
- Tous les passants battent des mains à ton sujet ; ils ricanent, hochent la tête sur la fille de Jérusalem : “Est-ce là – disent ils – la ville qu’on appelait une somme de beauté, les délices de toute la terre ?”
- À ton aspect, ils restent bouche béante, tous tes ennemis ; ils sifflent, grincent des dents et disent : “Nous avons consommé la ruine ! Ah ! Ce jour que nous espérions, nous l’avons atteint, nous le tenons !”
- L’Éternel a fait ce qu’Il avait résolu ; Il a accompli Son arrêt, qu’Il avait rendu dès les temps antiques : Il a démoli sans ménagement ; il a réjoui l’ennemi, agrandi la puissance de tes adversaires.
- Que leur cœur crie vers mon Seigneur ! Rempart de la fille de Sion, fais couler tes larmes comme un torrent jour et nuit ! Ne t’accorde aucun répit ! Que ta pupille ne s’arrête pas de pleurer !
- Lève-toi, pousse des sanglots la nuit, au commencement des veilles. Répands ton cœur comme de l’eau à la face de mon Seigneur ; élève tes bras vers Lui en faveur de la vie de tes jeunes enfants, qui gisent défaillants de faim à l’entrée de toutes les rues.
- Vois, Éternel, et regarde qui Tu as traité de la sorte ! Se peut-il que des femmes dévorent le fruit de leurs entrailles, leurs jeunes enfants, l’objet de leurs tendres soins ? Que dans le Sanctuaire de mon Seigneur soient massacrés prêtres et prophètes ?
- Ils sont étendus sur le sol des rues, le jeune homme et le vieillard ; mes vierges et mes adolescents sont tombés sous le glaive. Tu as fait tout périr au jour de Ta colère, Tu as égorgé sans pitié.
- Comme pour un jour de fête, Tu as convoqué mes épouvantes tout autour ; au jour de la colère de l’Éternel, personne n’a échappé, personne n’est demeuré sain et sauf. Les enfants que j’avais soignés et élevés, l’ennemi les a anéantis !
Chapitre 3
- Je suis l’homme qui a connu la misère par le bâton de Sa colère.
- C’est moi qu’Il a poussé et fait marcher dans des ténèbres que ne traverse aucune lueur.
- Oui, contre moi, Il revient à la charge et tourne Sa main tout le jour.
- Il a consumé ma chair et ma peau, brisé mes os.
- Il a bâti une clôture autour de moi et m’a enveloppé de venin et de tribulations.
- Il m’a relégué dans des régions ténébreuses comme les morts, endormis pour toujours.
- Il m’a entouré d’un mur que je ne puis franchir, chargé de lourdes chaînes.
- En vain je crie et appelle au secours : Il ferme tout accès à Ma prière.
- Il barre mes routes par des pierres de taille, il bouleverse mes sentiers.
- Il est pour moi un ours aux aguets, un lion en embuscade.
- Il a rendu mes voies impraticables et m’a déchiré ; il a fait de moi une ruine.
- Il a bandé son arc et m’a dressé comme une cible à ses flèches.
- Il fait pénétrer dans mes reins les enfants de Son carquois.
- Je suis devenu la risée de tous les peuples, un thème de leurs chansons incessantes.
- Il m’a rassasié d’herbes amères, abreuvé d’absinthe.
- Il a broyé mes dents avec du gravier, il m’a roulé dans la cendre.
- Mon âme a dit adieu à la paix, j’ai perdu jusqu’au souvenir du bonheur,
- et j’ai dit : “C’en est fait de mon avenir et de ce que je pouvais espérer de l’Éternel.”
- Rappelle Toi ma misère et mon abandon : je ne connais que poison et absinthe.
- En évoquant ces souvenirs, mon âme s’affaisse en moi.
- Mais voici la pensée qui s’éveille en moi, et c’est la raison pour laquelle j’espère :
- les bontés de l’Éternel ne sont pas taries, et Sa miséricorde n’est pas épuisée.
- Elles se renouvellent chaque matin ; infinie est Ta fidélité.
- “L’Éternel est mon lot – dit mon âme ; aussi, j’espère en Lui.”
- L’Éternel est bon pour ceux qui placent leur confiance en Lui, pour l’âme qui Le recherche.
- C’est une bonne chose d’attendre en silence le secours de l’Éternel ;
- une bonne chose aussi pour l’homme de porter le joug dès sa jeunesse,
- de s’asseoir solitaire en se résignant silencieusement, lorsque Dieu le lui impose.
- Qu’il incline sa bouche vers la poussière : peut-être est-il quelque espoir.
- Qu’il présente la joue à Celui qui le frappe et se rassasie d’humiliation,
- car mon Seigneur ne délaisse pas à tout jamais ;
- mais quand Il a frappé, Il exerce sa pitié selon l’étendue de Sa bonté.
- Car ce n’est pas de bon cœur qu’Il tourmente et afflige les fils de l’homme.
- Lorsqu’on foule aux pieds tous les captifs du pays,
- lorsqu’on fait fléchir le droit d’un homme à la face du Très Haut,
- lorsqu’on fait tort à un homme dans sa juste cause, le Seigneur ne peut l’approuver.
- À qui donc suffit-il d’ordonner qu’une chose soit, si le Seigneur n’en a décidé ainsi ?
- N’est-ce pas de la bouche de l’Éternel qu’émanent les maux et les biens ?
- Pourquoi donc se plaindrait l’homme sa vie durant, l’homme chargé de fautes ?
- Examinons nos voies, scrutons les et retournons à l’Éternel !
- Élevons nos cœurs avec nos mains vers Dieu Qui est au ciel !
- Nous, nous avons failli et désobéi : Toi, Tu n’as pas pardonné.
- Tu T’es enveloppé de colère et Tu nous as persécutés ; Tu as tué sans ménagement.
- Tu t’es entouré de nuages pour empêcher les prières de passer.
- Tu as fait de nous un débris, un objet de dégoût au milieu des nations.
- Tous nos ennemis ont ouvert la bouche contre nous.
- Notre partage, ce furent la terreur et le piège, la ruine et le désastre.
- Mes yeux se répandent en torrents de larmes du fait de la catastrophe de mon peuple.
- Mes yeux se fondent en eau sans s’arrêter, car il n’est pas de répit au mal,
- jusqu’à ce que l’Éternel regarde et voie du haut du ciel.
- Le spectacle qui s’offre à mes regards accable mon âme à cause de toutes les filles de ma ville.
- Ils m’ont pourchassé comme un oiseau, ceux qui me haïssent sans motif.
- Ils ont confiné ma vie dans la fosse et jeté des pierres sur moi.
- Les eaux ont monté par-dessus ma tête, et j’ai dit : “Je suis perdu !”
- Mais j’ai invoqué Ton nom des profondeurs de la fosse.
- Tu as entendu mon appel : “Ne ferme pas Ton oreille alors que je supplie pour ma délivrance !”
- Tu es venu près de moi le jour où je T’ai invoqué ; Tu as dit : “Sois sans crainte !”
- Tu as pris en main les causes qui me touchent ; Tu sauves ma vie.
- Tu as vu, Éternel, le tort qu’on m’a fait : défends mon droit !
- Tu as été témoin de leurs représailles, de tous leurs complots contre moi.
- Tu as entendu, Éternel, leurs outrages, toutes leurs machinations contre moi.
- Les lèvres de mes adversaires et leurs pensées sont dirigées contre moi.
- Regarde leurs faits et gestes : je suis l’objet de leurs chants moqueurs.
- Puisses-Tu leur rendre la pareille, Éternel, les traiter selon l’œuvre de leurs mains !
- Inflige leur l’angoisse du cœur : que Ta malédiction vienne sur eux !
- Poursuis les de Ta colère et anéantis-les de dessous la voûte de tes cieux !
Chapitre 4
- Hélas ! Comme l’or est terni, et altéré le métal précieux ! Comme les pierres sacrées se trouvent éparpillées à tous les coins de rue !
- Les fils de Sion, si prisés, qui valaient leur poids d’or fin, hélas ! les voilà estimés à l’égal de vases de terre, œuvre des mains du potier !
- Même les chacals présentent leurs mamelles et allaitent leurs petits : la fille de mon peuple est devenue, elle, cruelle comme l’autruche au désert.
- La langue du nourrisson altéré de soif s’attache à son palais ; les petits enfants demandent du pain : personne ne leur en offre.
- Ceux qui se nourrissaient de mets exquis se meurent dans les rues ; ceux qu’on couvrait d’étoffes de pourpre se nichent dans des tas de fumier.
- Le châtiment de la fille de mon peuple a été plus grand que la punition de Sodome, frappée d’une destruction instantanée, à laquelle des mains humaines n’ont pas coopéré.
- Ses princes étaient plus brillants que la neige, plus blancs que le lait ; leur corps avait la teinte vermeille du corail, leurs contours comme du saphir.
- Et leur figure est devenue plus noire que la suie : on ne les reconnaît pas dans les rues. Leur peau est collée à leurs os, desséchée comme du bois.
- Plus heureuses les victimes du glaive que les victimes de la faim, qui s’étiolent, affaiblies par le manque de tout produit des champs !
- De leurs propres mains, de tendres femmes ont fait cuire leurs enfants pour s’en nourrir, dans le désastre de la fille de mon peuple.
- L’Éternel a lâché toute Sa colère, Il a répandu le feu de Son indignation ; Il a allumé un incendie dans Sion qui en a dévoré jusqu’aux fondements.
- Ils ne pouvaient croire, les rois de la terre, les habitants du globe, qu’un ennemi victorieux franchirait jamais les portes de Jérusalem !
- À cause des fautes de ses prophètes, des crimes de ses prêtres, qui versèrent dans son enceinte le sang des innocents,
- ils titubaient comme des aveugles dans les rues, tellement souillés de sang qu’on ne pouvait toucher à leurs vêtements :
- “Hors d’ici, impurs que vous êtes !” leur criait-on ; “hors d’ici, hors d’ici ! Ne touchez rien !” C’est ainsi qu’ils se sont dispersés, errant çà et là, tandis que l’on disait parmi les peuples : “Il ne faut pas qu’ils restent plus longtemps !”
- La colère de l’Éternel les a disséminés, Il ne veut plus leur accorder un regard : on n’a pas respecté les prêtres, ni montré des égards aux vieillards.
- Nos yeux n’avaient cessé de se consumer dans le vain espoir d’un secours ; dans notre folle confiance, nous mettions notre attente en un peuple impuissant à secourir.
- On s’est jeté sur nos talons, nous fermant l’accès de nos propres rues : notre fin s’approchait, nos jours se terminaient. Ah ! Elle est venue, notre fin !
- Plus légers que les aigles dans les airs étaient nos persécuteurs ; ils nous ont pourchassés sur les montagnes, guettés dans le désert.
- Celui qui était pour nous un principe de vie, l’oint de l’Éternel, a été pris dans leurs chausse-trapes, lui dont nous disions : “À son ombre, nous vivrons au milieu des peuples !”
- Sois donc gaie et joyeuse, fille d’Édom, habitante du pays d’Outs ! À toi aussi sera présenté le calice : tu tomberas en ivresse et te mettras à nu !
- Fille de Sion, tes fautes ont été rachetées : Il ne t’enverra plus en exil ! Fille d’Édom, Il punira tes fautes, Il fera éclater tes crimes au grand jour !
Chapitre 5
- Souviens-toi, Éternel, de ce qui nous est advenu ; regarde et vois notre opprobre !
- Notre héritage a passé à des étrangers ; nos maisons, à des gentils.
- Nous sommes devenus des orphelins, privés de père ; nos mères sont comme des veuves.
- Notre eau, nous ne pouvons la boire qu’à prix d’argent ; notre bois, nous n’en disposons qu’en l’achetant.
- On nous poursuit, l’épée dans les reins ; nous sommes à bout de forces : pas de répit pour nous !
- En Égypte nous avons tendu la main, et en Assyrie, pour avoir du pain en suffisance.
- Nos pères avaient fauté ; ils ne sont plus, et nous portons le poids de leurs fautes.
- Des esclaves ont pris le dessus sur nous : personne ne nous soustrait à leur pouvoir.
- Au péril de notre vie, nous nous procurons nos vivres, à cause du glaive du désert.
- Notre peau est brûlante comme un four par suite de la fièvre desséchante de la faim.
- On a violenté des femmes dans Sion, des vierges dans les villes de Judah.
- Des princes ont été pendus par leurs mains ; on n’a témoigné nul égard envers les vieillards.
- Les adolescents ont dû porter la meule, les jeunes gens ont trébuché sous le fardeau des bûches.
- Les vieillards ont cessé de paraître à la Porte ; les jeunes gens, d’entonner leurs chansons.
- Toute joie est bannie de notre cœur ; nos danses joyeuses sont changées en deuil.
- Elle est tombée, la couronne, de notre tête ; malheur à nous, parce que nous avons fauté !
- Ce qui nous déchire le cœur, ce qui obscurcit nos yeux,
- c’est de voir le mont Sion en ruines, foulé par les renards.
- Toi, Éternel, qui sièges immuable, Toi dont le trône subsiste de génération en génération,
- pourquoi nous oublies Tu si obstinément, nous délaisses Tu de si longs jours ?
- Ramène nous vers Toi, Éternel, nous voulons Te revenir ; renouvelle pour nous les jours d’autrefois.
- Se peut-il que Tu nous aies complètement rejetés et que Tu nourrisses contre nous une colère inexorable ?
- 21 Ramène nous vers Toi, Éternel, nous voulons Te revenir ; renouvelle pour nous les jours d’autrefois.