Houkat – 5782

Cette semaine nous lisons la paracha Houkat (Nombres 19 : 1 – 22 : 1) 

Houkat en hébreu est issu de hok qui signifie « décret divin« .
Rien ne justifie les houkim si ce n’est l’ordre divin.

Nous évoquons dans cette paracha l’une des plus illustres houkim de la tradition: la mitsva de la vache rousse. L’Eternel par la bouche de Moïse et Aaron prescrit aux enfants d’Israël le commandement de choisir une vache rousse intacte n’ayant jamais travaillé. Le prêtre Eleazar, fils d’Aaron, se charge de sacrifier l’animal à l’extérieur du sanctuaire selon un rituel qui dit purifier toutes personnes ayant été en contact avec un cadavre. Comment est-ce que les cendres d’une vache rousse mêlées à de l’eau lustrale pourraient purifier quelqu’un qui a touché un cadavre ? Les rabbins depuis l’Antiquité se sont penchés sur le sujet. C’est source de désaccord. Certains prétendent que c’est ainsi et qu’il n’y a rien expliquer. D’autres justifient le rite pour son efficacité. D’autres encore prétendent qu’il faut comprendre le sacrifice de la vache rousse de manière symbolique.

Le rabbin de la nouvelle orthodoxie allemande du XIXe siècle Samson Samuel Hirsch propose une lecture moderne de cette cérémonie : c’est pour lui la démonstration que pour toute faute – ici celle de toucher un cadavre – peut se corriger. La vache rousse n’ayant jamais porté le joug symbolise notre animalité. Les cendres de la vache rousse mêlées à de l’eau lustrale montre la possibilité de la maîtrise par la spiritualité. Ce rituel est une propédeutique pour nous dissuader de laisser triompher nos envies, nos désirs et nos pulsions mais c’est aussi un chemin de réparation qui permet de s’élever.
Chabbat Chalom !
Paul Ledamany Bendavid